LA CELESTINE

D'octave Mirbeau, adaptation de Louise Caron

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37eme mise en scène de Gilles Champion

 du 14 au 18 avril 2021 au THEATRE DU TRANCANOIR Lyon 5eme

2021 04 CELESTINE

avec

Jean-Yves Bonnet : l'homme

Laure Grangé, Aurélie Bruzzese, Noémie Scriven, Emily Geraud : les 4 Célestine

Octave Mirbeau était un journaliste, auteur de la fin du 19eme siècle, ses satires des moeurs de la petite bourgeoisie mesquine sont célèbres et ce n'est pas un hasard s'il était un des rares journalistes à soutenir Camile Claudel dans son oeuvre de création.

Ce n'est pas un hasard si Bunuel a monté le film LE JOURNAL D UNE FEMME DE CHAMBRE en 1964 avec Jeanne Moreau.

Ce fut donc un plaisir de découvrir cette adaptation talentueuse de Louise Caron.

Nous avons  passé du temps à définir au mieux les 4 Célestine, avec une répartition au mieux des répliques. 

 C1 (Noémie) : Digne, distinguée. Vive et intelligente. Tête pensante. Esprit d'analyse et philosophe. Littéraire, ayant le goût du mot juste et de la phrase bien tournée. Aspire à s'élever au-dessus de sa condition.

 C2 (Aurélie) : Sage, rêveuse et un peu naïve. Innocente. Curiosité et espièglerie enfantines. Célestine et ses espoirs de jeune fille. Derniers vestiges d'un idéalisme qui s'est heurté à la cruelle réalité du monde et des hommes.

 C3 (Emily) : Esprit critique et aiguisé. Incisive. Effrontée, moqueuse et cynique. Sarcastique. « Fille qui a du chien » et la langue bien pendue. La part de Célestine qui vient d'une condition sociale très modeste et qui se fait juge impitoyable des classes supérieures.

 C4 (Laurie) : La part de désir et de désirs profonds. Parle sans détour et sans s'encombrer de raisonnement ou de morale. Certainement la part de Célestine qui est née du traitement que les hommes lui ont réservé (d'où l’ambiguïté entre sexe et violence), celle qui « connaît la vie », qui a survécu, et qui utilise désormais ses atouts comme une arme. Calculatrice et manipulatrice. 

 COSTUMES : celui  de l'homme chez http://lelaboureur.fr et celles des CELESTINE par Laurie Granat LA FILAMBULERIE

Musiques de Alain Rugo

TRANCANOIR, 10 rue Juiverie, Lyon 5eme, st Paul

Du mercredi 14 au samedi 17 avril 20h, dimanche 16 h

Tarif plein 11 euros, réduit (moins de 16 ans, FNCTA, chômeurs) à 9 euros, CAS de Lyon à 6 euros

RESERVATIONS et PAIEMENTS OBLIGATOIRES (pas de caisse à l’entrée, placement des spectateurs, jauge réduite) : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou CAS de Lyon 0472833110

 

Note d’intention de l’autrice

Fin 2017, l’Atelier théâtre de la Compagnie T2A avait besoin d’un texte pour 4 femmes et un homme et m’a passé commande d’un texte.

Depuis longtemps j’avais l’intention d’adapter pour la scène le Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau. Donner la parole à une domestique, Célestine, constituait de la part de l’auteur une transgression intéressante des codes littéraires en usage au 19°s., où la tenue d’un journal, et fort bien écrit, était l’apanage de la classe dominante qui fut longtemps la seule à laisser « témoignage sur l’époque ».

A la relecture ce roman foisonnant de situations, d’aventures de toutes natures et de réflexions sur les « bosses morales » de la petite bourgeoisie de province, me parut très actuel et capable de résonner aux oreilles de nos contemporains.

Dans les nombreuses adaptations déjà portées au plateau beaucoup ont fait le choix de focaliser sur les turpitudes nauséabondes auxquelles sont exposées les domestiques, en particulier l’épisode des bottines, et sur l’idée d’une revanche à prendre sur les nantis.

J’avais envie d’élargir la focale en brossant un portrait de Célestine qui nous découvre les méandres de ses pensées profondes, ironiques, amères, lucides et empreinte d’un humour grinçant, en conservant un parcours transversal des situations constituant l’ensemble du roman.

La distribution proposée au moment de la commande nécessitait de scinder « La Célestine » en quatre parties. J’ai décidé de ne pas faire cette répartition de façon purement technique, mais d’utiliser les multiples facettes de la personnalité de Célestine pour construire les personnages tout en gardant  une unité ; chacune des quatre comédiennes prenant en charge l’un ou l’autre de ces aspects.

J’ai travaillé sur l’idée que le personnage de Célestine ainsi partagée représentait toutes les femmes de chambre dans leur complexité individuelle faite de dégoût et d’attirance pour les rapports sexuels imposés et/ou consentis, dans la dureté des jugements face aux maîtres et aux autres domestiques, dans l’aspect archétypal de leur fonction.

J’ai fait du dernier maitre de Célestine, Monsieur Lanlaire, l’un des personnages de l’adaptation. Cela nécessitait de lui écrire un rôle qu’on ne trouve pas chez Mirbeau.  Afin de ne pas trahir l’esprit du texte initial, j’ai construit ce personnage et son discours à partir de ce que Célestine en laisse percevoir dans son journal. 

La pièce ne porte aucun jugement, il me semble que Célestine parvint bien à nous faire partager sa révolte conte l’injustice sociale, tout en étant incapable de lui donner un contenu positif pour elle et/ou les autres. Ce texte met en lumière le tragique de la condition humaine où au lieu de se révolter et de s’organiser pour subvertir un ordre hypocrite et inique, les exploités ne voient d’issue qu’en accédant à leur tour au statut d’exploiteur. Au spectateur d’en tirer les leçons s’il y trouve matière à réflexion.

CV de l'autrice

Docteur en neurobiologie et en biochimie, Louise Caron est aussi dramaturge, comédienne, metteuse en scène et formatrice en théâtre. Elle s’est formée à l’art dramatique au Théâtre Ecole de Montreuil (classes de Jean Guerrin, Michèle Bisson, Pierre Vincent). Elle a joué dans plus d’une vingtaine de pièces, essentiellement en répertoire contemporain, dans différentes compagnies professionnelles en région parisienne. Elle été mise en scène notamment par Jacques Hadjaje, Georges Werler, Pierre Vincent, Guy Rétoré, Christophe Patty ... Elle s’est formée à l’écriture théâtrale au cours d’un stage de deux ans au Théâtre de l’Est Parisien (dir. G. Rétoré) avec les auteurs Michel Azama et Jacques Hadjaje.

En 2007, elle quitte Paris, s’installe en Cévennes, crée avec son compagnon, la Cie T2A et un cours-atelier de formation à l’art du comédien en direction des adultes.  

Depuis 2010, sa compagnie a crée une quinzaine de spectacles, depuis deux ans elle s’est tournée essentiellement vers  des mises en lecture théâtralisées et des petites formes.

Louise Caron écrit des romans dont 4 ont été publiés, et des pièces de théâtre. Parmi la vingtaine qu’elle a écrite à ce jour huit ont été  publiées par des éditions théâtrales et une douzaine ont été jouées par des compagnies aussi bien amateurs que professionnelles.

Elle est présidente de la délégation méditerranée des EAT depuis novembre 2018, membre du CA des EAT et chargée de mission aux régions.

Plusieurs de ses pièces ont été récompensées par des prix d’écriture théâtrale.

Elle organise des stages d’écriture et d’interprétation et répond à des commandes d’écriture pour des compagnies.

Théâtre édité et récompenses

 Comme un parfum d'épices dans les odeurs de menthe. Éditions La Librairie Théâtrale, 2014. (Prix d’écriture théâtrale NIACA, Cannes, 2012)

  • Une lune de sang dans un ciel de cendre. Éditions La Librairie Théâtrale,  2015.
  • Les pavés de Syntagma. Éditions Lansman, 2015. (Sélection du Comité de lecture des EAT 2015 et d’Eclats de scène, Finaliste des Eclats de cœur 2017)
  • De brèves rencontres, Éditions Les Mandarines, 2015.
  • Camille & Paul, Folie, un autre mot pour amour. Éditions La Librairie Théâtrale, 2017. (Sélection du Comité de lecture d’Eclats de scène 2018. Finaliste des Eclats de cœur 2018)
  • Qui est là. Éditions Les Cygnes, 2018. (Sélection du Comité de lecture des EAT-Atlantique)
  • Le dernier RER. Éditions Les Mandarines, 2019. (théâtre jeunesse)
  • Dom Juan, le piège. Éditions L’Harmattan, 2019.
  • À une encablure du Styx. À paraître 2019. (Premier prix du concours d’auteurs de théâtre Vivons les mots, décerné par l’ACSTS, la ville de Mandelieu en partenariat avec les Eds. l’Hamattan, le théâtre Le Lucernaire.)